CO₂ à 426,8 ppm : l'atmosphère a encore battu son record en 2025
La concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a atteint 426,8 ppm en 2025, un record, selon l'Organisation météorologique mondiale. Le gaz restant des décennies, voire des siècles, ce niveau engage le climat bien après les émissions d'aujourd'hui.

L'essentiel
- La concentration moyenne mondiale de CO₂ a atteint 426,8 ppm en 2025, soit 153 % du niveau préindustriel de 1750, selon l'OMM.
- Le CO₂ a augmenté de 2,8 ppm entre 2024 et 2025, après un bond de 3,5 ppm en 2023-2024 lié à un puissant El Niño.
- Le taux de croissance annuel du CO₂ est passé de 0,8 ppm par an dans les années 1960 à 2,4 ppm par an en 2011-2020.
- L'OMM s'attend à une nouvelle hausse en 2026, avec les émissions fossiles et un puissant El Niño.
- Le SF₆, gaz des équipements électriques, a atteint un record en 2025 et a un pouvoir de réchauffement environ 24 300 fois celui du CO₂.
La concentration moyenne mondiale de dioxyde de carbone (CO₂) a atteint 426,8 parties par million (ppm) en 2025, soit 153 % de son niveau préindustriel de 1750, selon le bulletin annuel de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) publié le 27 octobre 2026. Le méthane et le protoxyde d'azote ont eux aussi battu leurs records. Comme le CO₂ reste très longtemps dans l'atmosphère, cette accumulation prolonge le réchauffement sur des siècles.
Que dit le bulletin de l'OMM sur le dioxyde de carbone en 2025 ?
Le CO₂ a progressé de 2,8 ppm entre 2024 et 2025, d'après l'OMM. Lors de la première édition du bulletin, en 2004, la moyenne annuelle était de 377,5 ppm, contre près de 427 ppm aujourd'hui.
Les deux autres gaz persistants d'origine humaine suivent la même pente. Le méthane s'établit à 1 948 parties par milliard (ppb), soit 267 % du niveau de 1750, et le protoxyde d'azote à 339,1 ppb, 126 % au-dessus de 1750.
Le bulletin mesure ce qui s'accumule dans l'atmosphère, pas les émissions d'une année. Environ la moitié du CO₂ émis chaque année y reste, le reste étant absorbé par les écosystèmes terrestres et les océans.
Pourquoi le CO₂ pèse-t-il sur le climat pendant des siècles ?
Le CO₂ a une durée de vie très longue, ce qui, selon Ko Barrett, secrétaire générale adjointe de l'OMM, lui permet d'affecter le climat « non seulement pendant des années, mais aussi pendant des décennies, voire des siècles ». Chaque ppm ajouté piège davantage de chaleur et s'ajoute au stock déjà présent.
La vitesse de l'accumulation augmente. Le taux de croissance annuel moyen est passé de 0,8 ppm par an dans les années 1960 à 2,4 ppm par an sur 2011-2020, soit un triplement. L'indice de la NOAA américaine indique que l'effet de réchauffement des gaz persistants a augmenté de 56 % entre 1990 et 2025, dont environ 81 % dus au CO₂.
La combustion des énergies fossiles est citée par l'OMM comme une source importante du carbone ajouté. Selon Ko Barrett, les onze dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées et la tendance devrait se poursuivre.
Pourquoi la hausse a-t-elle ralenti en 2025, et pourquoi 2026 s'annonce mal ?
La hausse de 2,8 ppm en 2025 est inférieure au bond exceptionnel de 3,5 ppm de 2023-2024, qui a coïncidé avec un puissant épisode El Niño. Celui-ci a réduit la capacité des écosystèmes terrestres à absorber le carbone, via davantage de sécheresses, de végétation asséchée et de feux de forêt, explique Oksana Tarasova, responsable scientifique principale à l'OMM.
Selon elle, ce rythme plus modéré en 2025 reflète une récupération des puits de carbone terrestres et une baisse des émissions dues aux feux. Elle précise toutefois que 2,8 ppm reste un apport substantiel de carbone issu de la combustion des combustibles fossiles. Selon l'OMM, cette hausse reste supérieure à la moyenne de la décennie.
L'OMM s'attend à une nouvelle hausse en 2026, avec les émissions persistantes et le développement d'un puissant El Niño. Oksana Tarasova ajoute que le risque d'une moindre absorption du CO₂ par l'océan augmente aussi.
Quel est le rôle du méthane et des autres gaz ?
Le méthane représente environ 16 % de l'effet de réchauffement des gaz persistants, d'après l'OMM, mais sa durée de vie est bien plus courte que celle du CO₂. Environ 35 % des émissions viennent de sources naturelles comme les zones humides, et 65 % d'activités humaines : élevage, riziculture, exploitation des énergies fossiles, décharges et combustion de biomasse.
Le protoxyde d'azote vient de sources naturelles et d'activités humaines, dont la combustion de biomasse, l'usage d'engrais et divers procédés industriels.
La transition énergétique peut-elle créer de nouveaux problèmes ?
Oui, selon l'OMM, qui cite deux substances liées à l'énergie : l'hexafluorure de soufre (SF₆) et l'hydrogène (H₂). Le SF₆, utilisé comme isolant dans les équipements électriques, voit sa concentration augmenter depuis trois décennies en parallèle de l'électrification mondiale, et a atteint un nouveau record en 2025. Il reste plus de 1 000 ans dans l'atmosphère et son potentiel de réchauffement sur un siècle est environ 24 300 fois celui du CO₂.
L'hydrogène n'est pas un gaz à effet de serre, mais il influence la chimie de l'atmosphère et agit indirectement sur le réchauffement. Sa concentration a augmenté de 5,3 % entre 2010 et 2024. Il doit servir à décarboner la sidérurgie, le transport maritime et le stockage d'énergie renouvelable, et les fuites des installations, gazoducs et réservoirs inquiètent de plus en plus.
L'OMM juge que les fuites d'H₂ et la persistance du SF₆ pourraient compromettre les bénéfices climatiques de la transition, et plaide pour une surveillance étroite de la composition de l'atmosphère.
Quelle échéance pour agir ?
Le bulletin est destiné aux négociateurs de la conférence de l'ONU sur le climat. La COP31 se tient à Antalya, en Türkiye, du 9 au 20 novembre 2026, avec pour objectif de traduire les engagements climatiques en mesures concrètes. Sur le terrain du bâti, les émissions pèsent déjà dans les décisions, comme le montre l'exemple du DPE et de son double seuil.
Vos questions
Quel est le niveau de dioxyde de carbone dans l'atmosphère en 2025 ?
La concentration moyenne mondiale a atteint 426,8 ppm en 2025, soit 153 % du niveau de 1750, d'après l'OMM. C'est un record, contre 377,5 ppm lors de la première édition du bulletin en 2004.
Pourquoi la teneur en dioxyde de carbone augmente-t-elle ?
Elle augmente notamment à cause de la combustion des énergies fossiles. Environ la moitié du CO₂ émis chaque année reste dans l'atmosphère, le reste étant absorbé par les écosystèmes terrestres et les océans, dont la capacité d'absorption peut baisser lors d'épisodes El Niño.
Combien de temps le CO₂ reste-t-il dans l'atmosphère ?
Le CO₂ a une durée de vie très longue : il affecte le climat pendant des décennies, voire des siècles, selon l'OMM. Chaque ppm supplémentaire piège davantage de chaleur.
Sources & Références
- ONU Info — Les niveaux records de dioxyde de carbone auront des répercussions pendant des siècles, selon l’agence météo de l’ONU, 27 octobre 2026 source principale
- OMM — Greenhouse gas levels once again reach record high source complémentaire
- Image — Graphique : la courbe de Keeling, concentration mensuelle moyenne de CO2 à l'observatoire du Mauna Loa (Hawaï), mise à jour en décembre 2024. Scripps Institution of Oceanography at UC San Diego, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons. Choisie et vérifiée par IA (pertinence, légende fidèle à la description du fichier, licence libre).
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Citer cet article : Rupturat, « CO₂ à 426,8 ppm : l'atmosphère a encore battu son record en 2025 », 28 octobre 2026, rupturat.com/planete/dioxyde-carbone-record-426-ppm-omm-2025/.
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