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Ormuz toujours bloqué : Trump a perdu son pari sur l'accord avec l'Iran

Le mémorandum signé le 17 juin entre Washington et Téhéran devait ouvrir soixante jours de négociations et une réouverture progressive du détroit d'Ormuz. Selon la chercheuse Lina Kennouche, il est mort en août, et certains navires paieraient désormais l'Iran pour passer.

Vue satellite du détroit d'Ormuz : eaux sombres entre la côte iranienne aux terres arides au nord, avec l'île de Qeshm, et la péninsule du Musandam, au relief r
Image satellite en couleurs vraies du détroit d'Ormuz, entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, prise le 2 décembre 2020 par l'instrument MODIS du satellite Terra de la NASA. Photo : MODIS Land Rapid Response Team, NASA GSFC, Public domain, via Wikimedia Commons

L'essentiel

  1. Le mémorandum d'entente signé le 17 juin 2026 entre les États-Unis et l'Iran a expiré en août, selon Lina Kennouche dans The Conversation.
  2. Environ 40 % des exportations contournent aujourd'hui le détroit d'Ormuz, via des oléoducs saoudiens et émiratis ou des transferts de navire à navire.
  3. Certains navires paieraient à l'Iran des frais de transit pouvant atteindre plusieurs millions de dollars par bâtiment, selon des estimations citées par The Conversation.
  4. En juin, Al Jazeera rapportait que l'accord prévoyait 60 jours de négociations, la réouverture progressive du détroit et la levée du blocus américain des ports iraniens.
  5. Selon Al Jazeera, l'Iran bloque dans les faits le détroit depuis le début de la guerre le 28 février, ce qui a fait grimper les prix des carburants et des engrais.

Le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert de façon durable. Le mémorandum d'entente signé le 17 juin 2026 par les États-Unis et l'Iran, qui devait ouvrir soixante jours de négociations, a expiré en août. Fin septembre, Donald Trump a rejeté la proposition iranienne de réouverture, et Téhéran a refusé de renoncer à ses conditions préalables. C'est l'analyse de Lina Kennouche, chercheuse, publiée le 21 octobre 2026 dans The Conversation France.

Le détroit d'Ormuz est-il ouvert ou fermé aujourd'hui ?

Le trafic a repris en partie, mais le détroit n'est pas réellement rouvert, d'après les données de Kpler citées par The Conversation. Cette société d'analyse des marchés de l'énergie décrit une adaptation précaire des navires au blocus, avec des routes alternatives et des contournements terrestres.

En juin, le texte prévoyait pourtant le contraire. Selon Al Jazeera, il étendait le cessez-le-feu de 60 jours, l'Iran devait rouvrir progressivement le détroit et les États-Unis lever leur blocus des ports iraniens. Les États-Unis devaient aussi lever certaines sanctions.

La suite a fait dérailler le calendrier. Selon Lina Kennouche, Washington a réactivé les hostilités le 8 juillet, en invoquant des incidents maritimes. Le texte a expiré en août.

Vue aérienne du détroit d'Ormuz : côtes arides brun-ocre à gauche et en bas à droite, île et côte iranienne en haut à droite, mer grise et bleu sombre avec des
Le détroit d'Ormuz photographié depuis la navette spatiale, lors d'une mission de l'été 1982 : on distingue des portions d'Oman, des Émirats arabes unis et de l'Iran, des sillages de navires et des tr Photo : NASA, Public domain, via Wikimedia Commons

Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il bloqué ?

Selon Al Jazeera, l'Iran bloque dans les faits la voie d'eau depuis le début de la guerre, et selon Lina Kennouche, les négociations sont aujourd'hui dans l'impasse. Al Jazeera rappelle que l'Iran bloque dans les faits la voie d'eau depuis le début de la guerre, qui oppose depuis le 28 février les États-Unis et Israël à l'Iran. Les prix des carburants, des engrais et d'autres biens ont grimpé.

La chercheuse avance une erreur de calcul américaine. D'après elle, l'administration Trump a supposé que l'Iran, étranglé par les sanctions, accepterait des entorses unilatérales au texte en échange d'un répit économique. Elle y voit une désescalade de façade, pensée pour calmer les marchés pétroliers avant les élections de mi-mandat.

Selon Lina Kennouche, Téhéran juge désormais le coût du statu quo supportable et a pris l'initiative en visant des infrastructures américaines, y compris en Jordanie. Elle ajoute que les cycles de frappes de Washington n'ont pas rétabli sa dissuasion.

Cette lecture est celle d'une analyste, pas un constat officiel. Côté américain, Al Jazeera notait en juin que l'administration présentait le mémorandum comme un préalable à de vraies négociations, pas comme un accord final.

Qui paie, qui encaisse sur la route d'Ormuz ?

Selon The Conversation, certains navires paient, et c'est l'Iran qui encaisse. Selon Lina Kennouche, certains pétroliers et navires commerciaux versent à Téhéran des « frais de transit » ou de services maritimes, présentés comme du contrôle de navigation ou de la protection de l'environnement. Pour obtenir un passage sûr, certains auraient payé, selon des estimations, jusqu'à plusieurs millions de dollars par navire.

L'idée n'est pas nouvelle. En juin, le porte-parole iranien Esmaeil Baghaei annonçait que l'Iran définirait avec Oman un nouveau régime de gestion du détroit et qu'il « facturerait des services ». Al Jazeera estimait que cela risquait de mettre l'administration Trump sous pression, elle qui avait promis un détroit « définitivement sans péage ».

Le reste de la facture est plus diffus. Al Jazeera relie le blocage à la flambée des prix des carburants, des engrais et d'autres marchandises. Les sources ne chiffrent pas ce que cela coûte aux ménages.

Comment contourner le détroit d'Ormuz ?

Aujourd'hui, environ 40 % des exportations évitent le détroit, selon Lina Kennouche. Elles passent par des oléoducs terrestres saoudiens et émiratis, ou par des transferts de cargaison de navire à navire, en dehors de la zone sous tutelle iranienne.

C'est un levier réel, mais partiel. Le reste des exportations continue de transiter par le détroit, où persistent contrôles et risques d'attaques.

Qui décide à Washington, et pourquoi ça coince ?

Selon Lina Kennouche, qui s'appuie sur le livre Regime Change des journalistes Maggie Haberman et Jonathan Swan, le processus décisionnel a été hors norme, avec la mise à l'écart des figures traditionnelles de l'establishment. Elle rapporte que l'équipe de Benyamin Nétanyahou a poussé Donald Trump à l'affrontement direct en février 2026, malgré les réserves du renseignement et de la hiérarchie militaire américains.

Les avertissements de la CIA et du Pentagone sur l'impréparation des bases face aux drones et aux missiles iraniens auraient été écartés. D'après le même récit, des fuites de la Situation Room ont aussi décrit l'épuisement rapide des stocks de systèmes Patriot et THAAD.

Après la signature du mémorandum, les critiques ont fusé aux États-Unis. Francis Fukuyama y voyait une « capitulation totale ». Robert Malley, ancien émissaire pour l'Iran sous Joe Biden, jugeait que Trump avait accepté des conditions bien inférieures à ce qu'une diplomatie classique aurait obtenu. Côté iranien, le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf parlait d'un « témoignage de l'échec américain ».

Que peut-il se passer maintenant ?

D'après Lina Kennouche, Donald Trump cherche un gel des hostilités calé sur le calendrier électoral. Elle y voit un ultimatum déguisé, qui laisse à Téhéran le choix de céder ou de porter la responsabilité d'une reprise des combats. L'Iran refuse de céder sous la contrainte.

Al Jazeera rapportait en juin que Téhéran écartait toute discussion sur ses missiles et refusait d'exporter son uranium très enrichi. Selon le porte-parole iranien Esmaeil Baghaei, le nucléaire et la levée des sanctions devaient être discutés pendant les soixante jours.

Selon Lina Kennouche, le blocage ne se dénouera que lorsque Washington admettra que la dynamique en cours nuit à ses propres intérêts vitaux.

Vos questions

Le détroit d'Ormuz est-il ouvert ou fermé aujourd'hui ?

Il n'est pas réellement rouvert, selon Lina Kennouche dans The Conversation. Le trafic a repris en partie, mais par des routes alternatives, des contournements terrestres et des navires qui paient l'Iran pour passer. Les données de Kpler décrivent une adaptation précaire au blocus.

Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il bloqué ?

L'Iran bloque dans les faits la voie d'eau depuis le début de la guerre le 28 février, rapporte Al Jazeera. Le mémorandum du 17 juin, qui devait la rouvrir, a expiré en août après la reprise des hostilités américaines le 8 juillet. Fin septembre, Donald Trump a rejeté la proposition iranienne de réouverture.

Comment contourner le détroit d'Ormuz ?

Environ 40 % des exportations le contournent déjà, selon Lina Kennouche. Elles empruntent des oléoducs terrestres saoudiens et émiratis, ou passent par des transferts de cargaison de navire à navire hors de la zone sous tutelle iranienne.

Que prévoyait l'accord entre les États-Unis et l'Iran ?

Selon Al Jazeera, il étendait le cessez-le-feu de 60 jours. L'Iran devait rouvrir progressivement le détroit et les États-Unis lever leur blocus des ports iraniens. Il ouvrait aussi la voie à des négociations sur le nucléaire iranien, avec une levée partielle de sanctions.

Sources & Références

  • The Conversation France — Iran : l’échec stratégique de Donald Trump, 21 octobre 2026 source principale
  • Al Jazeera — Iran, US presidents sign deal to extend ceasefire, reopen Strait of Hormuz source complémentaire
  • Photo — Image satellite en couleurs vraies du détroit d'Ormuz, entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, prise le 2 décembre 2020 par l'instrument MODIS du satellite Terra de la NASA. MODIS Land Rapid Response Team, NASA GSFC, Public domain, via Wikimedia Commons. Choisie et vérifiée par IA (pertinence, légende fidèle à la description du fichier, licence libre).
  • Photo — Le détroit d'Ormuz photographié depuis la navette spatiale, lors d'une mission de l'été 1982 : on distingue des portions d'Oman, des Émirats arabes unis et de l'Iran, des sillages de navires et des tr NASA, Public domain, via Wikimedia Commons. Choisie et vérifiée par IA (pertinence, légende fidèle à la description du fichier, licence libre).

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Citer cet article : Rupturat, « Ormuz toujours bloqué : Trump a perdu son pari sur l'accord avec l'Iran », 24 octobre 2026, rupturat.com/monde/detroit-ormuz-bloque-accord-iran-trump-echec/.

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