Maladies non transmissibles : l'OMS chiffre qui est le plus exposé
Un rapport de l'OMS publié le 20 octobre 2026, présenté par l'agence comme la première tentative de mesure systématique à l'échelle mondiale, chiffre les inégalités face aux maladies non transmissibles. Les plus pauvres respirent plus de fumées de cuisine, et les femmes pauvres sont moins dépistées.

L'essentiel
- Les maladies non transmissibles causent près des trois quarts des décès dans le monde, selon l'ONU.
- Le rapport de l'OMS publié le 20 octobre 2026 est présenté comme la première mesure systématique de ces inégalités à l'échelle mondiale.
- Le tabagisme touche 32,5 % des hommes contre 6,6 % des femmes, et 99,9 % des plus pauvres sont exposés à la pollution des combustibles de cuisine contre 21,4 % des plus riches.
- Les femmes les plus pauvres et les moins instruites sont moins souvent dépistées pour le cancer du col de l'utérus.
- L'OMS recommande de cibler la prévention et les soins vers les populations qui rencontrent le plus d'obstacles.
Les maladies non transmissibles (MNT), qui regroupent les cancers, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et le diabète, sont responsables de près des trois quarts des décès dans le monde, rappelle l'ONU. Un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), publié le 20 octobre 2026, montre que l'exposition aux risques et l'accès aux soins varient fortement selon le sexe, les revenus, l'éducation et le lieu de résidence.
Il s'appuie sur des données nationales recueillies au cours de la dernière décennie. Selon l'OMS, c'est la première tentative de mesurer systématiquement ces inégalités à l'échelle mondiale.
Que dit le rapport de l'OMS sur les inégalités face aux maladies non transmissibles ?
Le rapport « State of inequality: noncommunicable diseases and their risk factors » compare des groupes de population à l'intérieur de chaque pays. Il couvre quatre grandes familles de maladies et les facteurs de risque associés : tabac, alcool, obésité, mauvaise alimentation, manque d'activité physique et pollution de l'air.
Les écarts sont examinés selon l'âge, le sexe, le niveau de revenus, l'éducation, le lieu de résidence, le handicap, l'emploi et le statut migratoire. Ils peuvent jouer à chaque étape : prévention, réduction de l'exposition, diagnostic, traitement et suivi.
Hommes et femmes : des risques qui ne sont pas les mêmes
Le tabagisme concerne 32,5 % des hommes contre 6,6 % des femmes, selon le rapport. Pour l'alcool, les taux sont de 52,2 % chez les hommes et de 35,4 % chez les femmes.
Les femmes sont en revanche plus touchées par d'autres facteurs :
- une mauvaise alimentation concerne 18,4 % des femmes contre 13,8 % des hommes ;
- le manque d'activité physique touche 33,8 % des femmes contre 28,7 % des hommes ;
- l'obésité est plus fréquente chez les femmes, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, d'après l'OMS.
L'hypertension touche 34,5 % des hommes contre 31,7 % des femmes. L'OMS indique que les taux plus élevés de diagnostic et de traitement chez les femmes pourraient contribuer à expliquer cet écart, les hommes étant moins souvent diagnostiqués et traités.
Qui est le plus exposé selon les revenus et l'éducation ?
Les plus pauvres sont nettement plus exposés à la pollution domestique : 99,9 % des personnes les plus pauvres sont exposées à la pollution liée aux combustibles utilisés pour cuisiner, contre 21,4 % des plus riches.
Pour le tabac et l'alcool, les écarts vont dans des sens opposés. Dans les pays étudiés, principalement des pays en développement, 26,3 % des plus aisés consomment de l'alcool contre 19,2 % des plus pauvres. Le tabagisme touche 25,5 % des hommes les plus défavorisés contre 12,9 % des plus favorisés.
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les populations moins instruites tendent à avoir des taux plus élevés d'hypertension et de diabète, selon l'OMS.
Dépistage du cancer du col de l'utérus : qui est laissé de côté ?
Dans l'ensemble des pays étudiés, les femmes les plus pauvres et les moins instruites sont moins susceptibles de bénéficier d'un dépistage du cancer du col de l'utérus. Ce sont donc celles qui ont le moins de moyens qui accèdent le moins à cet examen.
La géographie compte aussi. Dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, les ruraux ont moins facilement accès au dépistage du col de l'utérus et au diagnostic et traitement de l'hypertension que les citadins.
Ville ou campagne : la pollution n'est pas la même
Les ménages ruraux peuvent être davantage exposés à la pollution de l'air intérieur, tandis que les citadins le sont plus souvent à la pollution extérieure. Les habitants des villes affichent aussi des taux plus élevés de consommation d'alcool, d'obésité et d'inactivité physique. Le tabagisme diffère peu entre villes et campagnes.
Chômage, handicap, migration : d'autres obstacles
Le rapport examine d'autres formes de vulnérabilité. Le chômage est associé à davantage d'inactivité physique. Les personnes handicapées peuvent rencontrer plus d'obstacles à la prévention, au dépistage et au traitement. Les migrants peuvent se heurter à des barrières financières, administratives ou linguistiques.
Ce que l'OMS demande aux États
L'OMS veut que les pays utilisent ces données pour cibler leurs politiques de prévention, de dépistage, de diagnostic et de traitement vers les populations qui rencontrent le plus d'obstacles. Une note d'accompagnement, « The hidden inequalities behind noncommunicable diseases: from evidence to action », fixe les pistes :
- appliquer des interventions éprouvées pour toute la population, dont les « best buys » recommandés par l'OMS ;
- rendre les services accessibles aux communautés rurales et urbaines mal desservies ;
- lever les barrières financières et géographiques ;
- associer les personnes vivant avec une MNT à l'élaboration des politiques ;
- collecter et exploiter régulièrement des données sur les inégalités.
Pour le Dr Ahmad Reza Hosseinpoor, de l'OMS, le rapport montre aussi où le manque de données empêche de comprendre ces inégalités.
Pour l'étude des liens entre santé et prévention, on peut aussi lire notre article sur les cancers liés à des infections et leur prévention.
Vos questions
Quelles sont les maladies non transmissibles selon l'OMS ?
Les maladies non transmissibles (MNT) regroupent les cancers, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et le diabète. Selon l'ONU, elles sont responsables de près des trois quarts des décès dans le monde. Le rapport de l'OMS y associe des facteurs de risque comme le tabac, l'alcool, l'obésité, la mauvaise alimentation, le manque d'activité physique et la pollution de l'air.
Que dit le rapport de l'OMS sur les inégalités de santé entre hommes et femmes ?
Les risques diffèrent selon le sexe. Le tabagisme touche 32,5 % des hommes contre 6,6 % des femmes, et l'alcool 52,2 % des hommes contre 35,4 % des femmes. Les femmes sont plus concernées par la mauvaise alimentation (18,4 % contre 13,8 %) et le manque d'activité physique (33,8 % contre 28,7 %), et l'obésité est plus fréquente chez elles, surtout dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, d'après l'OMS.
Les personnes pauvres sont-elles plus exposées aux maladies non transmissibles ?
Oui, sur plusieurs facteurs de risque. Selon le rapport, 99,9 % des personnes les plus pauvres sont exposées à la pollution liée aux combustibles de cuisine, contre 21,4 % des plus riches, et le tabagisme touche 25,5 % des hommes les plus défavorisés contre 12,9 % des plus favorisés. Pour l'alcool, l'écart va en sens inverse : 26,3 % des plus aisés en consomment contre 19,2 % des plus pauvres.
Que recommande l'OMS pour réduire ces inégalités ?
L'OMS demande aux pays d'utiliser ces données pour cibler la prévention, le dépistage, le diagnostic et le traitement vers les populations qui rencontrent le plus d'obstacles. Sa note d'accompagnement propose notamment de rendre les services accessibles aux communautés mal desservies, de lever les barrières financières et géographiques, et d'associer les personnes vivant avec une MNT à l'élaboration des politiques. Elle préconise aussi de collecter régulièrement des données sur les inégalités.
Sources & Références
- ONU Info — Maladies non transmissibles : le poids des inégalités de sexe et de revenus, 20 octobre 2026 source principale
- OMS — WHO report examines inequalities in noncommunicable diseases and their risk factors source complémentaire
- Photo — Le siège de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, vu sous deux façades, avec son emblème sur un mur. Yann Forget, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Choisie et vérifiée par IA (pertinence, légende fidèle à la description du fichier, licence libre).
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Citer cet article : Rupturat, « Maladies non transmissibles : l'OMS chiffre qui est le plus exposé », 20 octobre 2026, rupturat.com/sante/maladies-non-transmissibles-oms-inegalites-sexe-revenus/.
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