# Un cancer sur huit serait dû à une infection, et beaucoup sont évitables

> Selon une étude publiée dans The Lancet Oncology, 2,3 millions de nouveaux cancers diagnostiqués en 2024, soit 12 % du total, seraient dus à une infection. Environ 75 % de ces cas touchent des pays à revenu faible ou intermédiaire, là où vaccins, dépistage et traitements sont les plus difficiles d'accès.

- URL : https://rupturat.com/sante/cancer-infection-helicobacter-pylori-hpv-oms-prevention/
- Rubrique : Santé
- Publié le : 21 octobre 2026 (mis à jour le 21 octobre 2026)
- Éditeur : Rupturat (https://rupturat.com)
- Image : Virus d'Epstein-Barr : deux virions observés en microscopie électronique, capsides rondes entourées d'une enveloppe. (Liza Gross, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Epstein_Barr_Virus_virions_EM_10.1371_journal.pbio.0030430.g001-L.JPG)
- Sujets : Centre international de recherche sur le cancer (https://www.wikidata.org/wiki/Q552168), Papillomavirus humain, Helicobacter pylori (https://www.wikidata.org/wiki/Q180556), Virus d'Epstein-Barr (https://www.wikidata.org/wiki/Q6900), The Lancet Oncology, Organisation mondiale de la santé (https://www.wikidata.org/wiki/Q7817)

## Ce qu'il faut retenir

- Selon une étude OMS publiée dans The Lancet Oncology, 2,3 millions de nouveaux cancers en 2024, soit 12 % du total mondial, sont attribuables à une infection.
- Cinq agents dominent : Helicobacter pylori (4 %), les papillomavirus humains (4 %), l'hépatite B (2 %), le virus d'Epstein-Barr (1 %) et l'hépatite C (moins de 1 %).
- Environ 75 % des cancers d'origine infectieuse ont été recensés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
- En Australie, les infections à HPV ont chuté de 90 % chez les personnes éligibles depuis 2007, mais la couverture vaccinale des jeunes de 15 ans est passée de 85,7 % en 2020 à 79,5 % en 2024.
- Les auteurs soulignent que la fiabilité des comparaisons avec les estimations passées (pic à 18 % en 2002) ne peut être établie avec certitude, les données ayant changé.

Environ 12 % des cancers diagnostiqués dans le monde en 2024, soit 2,3 millions de nouveaux cas, auraient été causés par une infection, selon une étude de l'OMS publiée dans The Lancet Oncology. Ces cancers sont en grande partie évitables, mais environ 75 % d'entre eux ont été recensés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, où la prévention reste difficile d'accès.

## Quels microbes causent un cancer sur huit ?

Cinq agents pathogènes expliquent l'essentiel des cas : la bactérie Helicobacter pylori (4 % de l'ensemble des cancers), les papillomavirus humains ou HPV (4 %), le virus de l'hépatite B (2 %), le virus d'Epstein-Barr (1 %) et le virus de l'hépatite C (moins de 1 %). Newsweek, qui cite l'étude, donne les ordres de grandeur en nombre de cas.

| Agent | Cas de cancer en 2024 (selon Newsweek) | Cancers surtout concernés |
|---|---|---|
| Helicobacter pylori | environ 760 000 | estomac |
| HPV | environ 750 000 | col de l'utérus, mais aussi anus, vulve, vagin, pénis, certains cancers de la tête et du cou |
| Hépatite B | environ 360 000 | foie |
| Epstein-Barr | environ 260 000 | nasopharynx, certains cancers de l'estomac, lymphome de Hodgkin |
| Hépatite C | environ 160 000 | foie |

Ces cinq infections peuvent conduire à plus de 20 types de cancers, d'après The Conversation. Les HPV ne concernent donc pas que les femmes : des cancers du pénis et de la sphère tête et cou figurent dans la liste.

## Comment une infection provoque-t-elle un cancer ?

Une infection mène au cancer en dérégulant la division des cellules, soit directement par un virus, soit indirectement par une inflammation chronique. The Conversation décrit trois voies virales. Le virus peut neutraliser des protéines de contrôle, comme p53, qui déclenche l'autodestruction d'une cellule infectée. Il peut aussi insérer son ADN dans celui de la cellule et perturber des gènes qui régulent sa division ou sa mort. Enfin, il peut porter lui-même un oncogène, un gène capable de déclencher un cancer.

Gary Clifford, scientifique du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et auteur principal de l'étude, résume à Newsweek que ces infections détournent la machinerie cellulaire qui répare les gènes mutés ou ordonne aux cellules mutées de mourir.

Bactéries et parasites, comme Helicobacter pylori ou la douve du foie Opisthorchis viverrini, agissent plus indirectement. Elles installent une infection chronique, l'inflammation s'emballe, les tissus s'abîment et les cellules, qui se divisent vite pour se réparer, accumulent des mutations.

## Qui paie le plus lourd tribut ?

Les pays à revenu faible ou intermédiaire concentrent environ 75 % des cancers d'origine infectieuse, selon l'étude relayée par The Conversation. Les chercheurs du CIRC, cités par Newsweek, identifient les régions les plus touchées : Asie de l'Est, Afrique subsaharienne, Europe centrale et orientale, Asie du Sud-Est.

Les profils diffèrent. L'Asie de l'Est porte une charge élevée liée à Helicobacter pylori et à l'hépatite B. L'Afrique subsaharienne cumule beaucoup de cancers liés aux HPV et une charge notable due au VIH et au virus herpès associé au sarcome de Kaposi. Selon les auteurs, ces écarts reflètent probablement la fréquence des infections, l'accès à la prévention et au traitement, et les conditions sociales et économiques.

Les chercheurs du CIRC citent des obstacles financiers, sociaux et politiques : accès limité à la vaccination, au dépistage et aux traitements, stigmatisation liée au HPV et au VIH, contraintes budgétaires, engagement politique insuffisant. Les sources ne désignent pas d'acteur qui tirerait profit de cette situation.

## Que peut-on faire pour éviter ces cancers ?

Les outils existent : vaccination contre le HPV et l'hépatite B, dépistage et traitement d'Helicobacter pylori, des hépatites B et C et du VIH, mesures contre la transmission (injections sécurisées, préservatifs, prophylaxie préexposition du VIH) et dépistage du cancer du col. Selon Gary Clifford, les cancers d'origine infectieuse se prêtent particulièrement bien à la prévention, comparés à ceux liés à d'autres facteurs de mode de vie, parce qu'on peut vacciner, tester et traiter l'infection en cause.

L'Australie sert d'exemple. Depuis le lancement de son programme de vaccination contre le HPV en 2007, les infections ont chuté de 90 % parmi les personnes éligibles, d'après The Conversation. Le pays pourrait éliminer le cancer du col de l'utérus d'ici 2035.

La couverture vaccinale des jeunes de 15 ans y est pourtant passée de 85,7 % en 2020 à 79,5 % en 2024. L'OMS et l'Australie visent 90 % des filles de 15 ans vaccinées d'ici 2030.

## Que valent ces chiffres ?

Deux experts interrogés par Newsweek jugent l'estimation plutôt basse. Patrick Moore, de l'université de Pittsburgh, estime à Newsweek qu'elle peut être « very conservative ». Karl Munger, de Tufts University, la trouve inférieure à ce qu'il attendait : d'autres analyses évoquent 15 à 20 % des cancers, avec une part nettement plus faible dans les pays à revenu élevé.

On ne peut pas conclure à un recul des cancers infectieux depuis le pic de 18 % estimé pour 2002. Les auteurs rappellent que les sources et la qualité des données ont changé d'une estimation à l'autre, ce qui interdit de comparer avec certitude. L'étude de 2024 ne visait d'ailleurs pas cette comparaison.

Patrick Moore met en garde contre les coupes dans les traitements du VIH liées à la dissolution de l'USAID, qui, selon lui, augmenteront les cancers infectieux en Afrique subsaharienne. C'est son analyse, non un résultat de l'étude. Il ajoute que l'extension de la vaccination des nouveau-nés contre l'hépatite B pourrait réduire fortement les cancers du foie en Asie.

## Questions fréquentes

**Helicobacter pylori peut-il provoquer un cancer de l'estomac ?**
Oui, Helicobacter pylori est l'un des cinq agents infectieux dominants et il est responsable de 4 % de l'ensemble des cancers, selon l'étude de l'OMS publiée dans The Lancet Oncology. Newsweek chiffre à environ 760 000 les cas de 2024 qui lui sont liés, surtout des cancers de l'estomac. Cette bactérie agit de façon indirecte : l'infection chronique provoque une inflammation qui abîme les tissus, et les cellules, en se divisant vite pour se réparer, accumulent des mutations.

**Les hommes peuvent-ils avoir un cancer dû au papillomavirus ?**
Oui, les HPV ne concernent pas que les femmes. Parmi les cancers qu'ils provoquent figurent ceux du pénis, de l'anus, ainsi que certains cancers de la tête et du cou, selon des chiffres de Newsweek. Les HPV sont responsables de 4 % de l'ensemble des cancers, soit environ 750 000 cas en 2024.

**Comment éviter les cancers liés à une infection ?**
En vaccinant, en dépistant et en traitant l'infection en cause, selon Gary Clifford, auteur principal de l'étude. Les outils cités sont la vaccination contre le HPV et l'hépatite B, le dépistage et le traitement d'Helicobacter pylori, des hépatites B et C et du VIH, les mesures contre la transmission et le dépistage du cancer du col. En Australie, les infections à HPV ont chuté de 90 % chez les personnes éligibles depuis le lancement du programme de vaccination en 2007, d'après The Conversation.

## Sources & Références

- The Conversation France — Dans le monde, un cancer sur huit serait dû à une infection, selon une nouvelle étude : https://theconversation.com/dans-le-monde-un-cancer-sur-huit-serait-du-a-une-infection-selon-une-nouvelle-etude-293718
- Newsweek — 1 in 8 Cancer Cases Worldwide Linked to Infections, Study Finds : https://www.newsweek.com/one-in-eight-worldwide-cancers-linked-to-infections-study-12482481

Méthode : article rédigé par l'IA éditoriale de Rupturat à partir des 2 sources citées, vérifié automatiquement contre ces sources.
