# Les grossistes de l'agroalimentaire ont gagné en rentabilité malgré des volumes de vente en recul ou stables

> Selon l'Insee, le commerce de gros agroalimentaire a vu son excédent brut d'exploitation progresser de 45,2 % entre 2020 et 2024, alors que ses ventes en volume ont stagné ou reculé. La hausse des prix a gonflé la marge en euros, alors que le taux de marge est resté quasi stable.

- URL : https://rupturat.com/economie/grossistes-agroalimentaire-rentabilite-inflation-insee/
- Rubrique : Économie
- Publié le : 22 octobre 2026 (mis à jour le 22 octobre 2026)
- Éditeur : Rupturat (https://rupturat.com)
- Image : Illustration : le marché de gros de Birmingham (Royaume-Uni) à 4 h du matin, avec des palettes de caisses de fruits et légumes. Photo de 2009. (star-one, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Birmingham_Wholesale_Markets.jpg)
- Sujets : Institut national de la statistique et des études économiques (https://www.wikidata.org/wiki/Q156616), Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (https://www.wikidata.org/wiki/Q3348391), Commerce de gros (https://www.wikidata.org/wiki/Q220695), Inflation alimentaire (https://www.wikidata.org/wiki/Q130902140), Marge commerciale (https://www.wikidata.org/wiki/Q3290576), Guerre en Ukraine

## Ce qu'il faut retenir

- Selon l'Insee, l'excédent brut d'exploitation du commerce de gros agroalimentaire a augmenté de 45,2 % entre 2020 et 2024.
- La marge commerciale du secteur atteint 49 milliards d'euros en 2025, pour 293 milliards d'euros de ventes de marchandises.
- Entre 2020 et 2024, les volumes de vente ont reculé de 7,2 % chez les grossistes agricoles et de 0,1 % chez les alimentaires, alors que les prix de vente ont augmenté de 26,2 % et 31,2 %.
- La rentabilité économique du secteur atteint 10,7 % en 2024 (+1,6 point), mais elle a reculé de 0,5 point chez les grossistes en produits agricoles.
- Selon l'OFPM, l'inflation alimentaire est revenue à +1,3 % en 2024, après 7 % en 2022 et 12 % en 2023.

Les grossistes de l'agroalimentaire ont tiré profit de l'inflation de 2020 à 2024. D'après une étude de l'Insee publiée en octobre 2026, leur excédent brut d'exploitation a progressé de 45,2 % en quatre ans, leur rentabilité économique atteint 10,7 % (+1,6 point), alors que leurs ventes en volume ont reculé ou stagné. Le secteur a réalisé 49 milliards d'euros de marge commerciale en 2025.

## Que pèse le commerce de gros agroalimentaire ?

Le commerce de gros agroalimentaire réalise 293 milliards d'euros de ventes en 2025, soit un peu plus d'un quart de l'ensemble du commerce de gros, selon l'Insee. Les grossistes en produits alimentaires, boissons et tabac pèsent 226 milliards d'euros (77 %), ceux en produits agricoles bruts et animaux vivants 67 milliards (23 %).

Le secteur compte environ 27 700 unités légales, hors micro-entrepreneurs : entreprises d'import-export, coopératives agricoles, fournisseurs des détaillants et de la restauration, ou unités d'approvisionnement de groupes industriels. Sa marge commerciale de 49 milliards d'euros est un peu inférieure à celle du commerce de détail alimentaire en magasin (60 milliards). Les centrales d'achat sont exclues de l'étude, car elles se rémunèrent surtout par des commissions.

## Pourquoi les prix ont-ils autant monté ?

Selon l'Insee, la reprise post-Covid puis la guerre en Ukraine, en 2022, ont fait flamber les cours des matières premières agricoles et de l'énergie. Entre 2020 et 2022, les prix agricoles à la production ont augmenté de 35 % en France, de 83 % pour les céréales, 82 % pour les œufs et 86 % pour les oléagineux.

La hausse s'est ensuite transmise par étapes : des prix agricoles aux prix de gros, puis aux prix payés par les ménages. Les prix de vente des grossistes ont augmenté de 31,2 % pour les produits alimentaires, boissons et tabac et de 26,2 % pour les produits agricoles bruts, contre 22,5 % pour l'ensemble du commerce de gros. L'indice des prix à la consommation alimentaire a pris 23,2 % entre 2020 et 2025, avec +6,8 % en 2022 puis +11,8 % en 2023.

## Comment les marges ont-elles augmenté sans que les volumes suivent ?

La marge commerciale en valeur a augmenté de 16,9 % pour les produits agricoles bruts et de 31,8 % pour les produits alimentaires entre 2020 et 2024, alors que les volumes vendus ont baissé de 7,2 % pour les premiers et de 0,1 % pour les seconds. Le commerce de gros dans son ensemble, lui, a vu ses volumes progresser de 5,4 %.

Le mécanisme est arithmétique. Le taux de marge commerciale est resté quasi stable, de 17,6 % à 17,5 %. Quand les prix montent de 30 % et que le taux reste le même, la marge en euros monte à peu près autant. L'Insee note même qu'une baisse du taux était a priori attendue, puisque le prix d'achat a plus augmenté que les coûts de distribution, et qu'elle s'est révélée faible.

## Qui a gagné, qui a payé ?

Les grossistes ont gagné en rentabilité parce que leur marge a augmenté plus vite que leurs coûts. Selon l'Insee, la marge commerciale (+29,4 %) a progressé à un rythme proche de la valeur ajoutée (+29,5 %), les consommations intermédiaires ont augmenté un peu moins vite et les coûts salariaux de façon plus modérée. Résultat : l'excédent brut d'exploitation a gagné 45,2 %, et le taux de marge comptable a augmenté de près de 4 points, à 35,8 %.

Les gains sont inégaux. Dans l'alimentaire, la rentabilité a progressé de 2,4 points, avec +10,0 points pour les grossistes en surgelés et +7,2 points pour ceux en produits carnés. Dans l'agricole, elle a reculé de 0,5 point, et de 0,7 point pour les grossistes en céréales, à 3,8 % en 2024.

Les sources ne permettent pas de dire qui a supporté le coût final. On sait que les prix à la consommation alimentaire ont augmenté de 23,2 % en cinq ans. On sait aussi, d'après l'Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM, rapport de juillet 2025), que les résultats des exploitations agricoles ont reculé en 2023, avec la baisse des prix des céréales et la hausse de certaines charges. Pour la transformation et la distribution, l'OFPM indique que les marges nettes de 2023 restent globalement inférieures à leur niveau d'avant l'inflation, avec des situations contrastées selon les filières.

## Les grossistes ont-ils tous été logés à la même enseigne ?

Non, et l'écart pourrait tenir en partie à l'approvisionnement, selon une explication avancée par l'Insee. Selon l'Insee, 27 % des achats des grossistes alimentaires sont réalisés à l'étranger en 2024, soit 5 points de plus qu'en 2020, contre 13 % pour les grossistes agricoles. Le taux de marge a reculé de 0,2 point dans l'alimentaire contre 0,4 point dans l'agricole.

Les grossistes ont aussi raccourci leurs circuits : l'achat direct aux producteurs atteint 77 % chez les agricoles (+8 points) et 62 % chez les alimentaires (+7 points). Dans l'agricole, le taux de marge des multinationales est passé de 10,1 % à 11,1 %, tandis que celui des groupes franco-français et des indépendants français est passé de 12,8 % à 11,2 %. L'Insee avance que les filiales de multinationales étrangères, plus tournées vers l'import, pourraient avoir bénéficié d'approvisionnements plus diversifiés. C'est une hypothèse, pas un constat.

## Ce que ça change pour le lecteur

L'inflation alimentaire est retombée, à +1,3 % en 2024 selon l'OFPM, contre 7 % en 2022 et 12 % en 2023. Mais les prix ne sont pas revenus en arrière : la hausse cumulée de 23,2 % reste dans les tickets de caisse.

Le levier existant est la transparence. L'OFPM, placé sous la tutelle des ministères de l'agriculture et de l'économie, publie chaque année un rapport sur les marges brutes et nettes de la chaîne alimentaire, remis au Parlement. Son 14e rapport couvre 2023 et 2024. L'étude de l'Insee, elle, s'arrête aux données définitives de 2024.

## Questions fréquentes

**Que pèse le commerce de gros agroalimentaire en France ?**
Il réalise 293 milliards d'euros de ventes en 2025, soit un peu plus d'un quart de l'ensemble du commerce de gros, selon l'Insee. Les grossistes en produits alimentaires, boissons et tabac représentent 226 milliards d'euros (77 %), ceux en produits agricoles bruts et animaux vivants 67 milliards (23 %). Le secteur compte environ 27 700 unités légales, hors micro-entrepreneurs.

**Quels types d'entreprises composent le commerce de gros agroalimentaire ?**
Le secteur regroupe des entreprises d'import-export, des coopératives agricoles, des fournisseurs des détaillants et de la restauration, ainsi que des unités d'approvisionnement de groupes industriels. Il compte environ 27 700 unités légales, hors micro-entrepreneurs. Les centrales d'achat sont exclues de l'étude de l'Insee, car elles se rémunèrent surtout par des commissions.

**Les grossistes de l'agroalimentaire ont-ils gagné plus d'argent entre 2020 et 2024 ?**
Oui, selon l'Insee, leur excédent brut d'exploitation a progressé de 45,2 % entre 2020 et 2024, et leur rentabilité économique atteint 10,7 % en 2024 (+1,6 point). Cela s'est produit alors que leurs volumes de vente ont reculé ou stagné. Les gains sont toutefois inégaux : la rentabilité a reculé de 0,5 point chez les grossistes en produits agricoles.

**Les grossistes de l'agroalimentaire ont-ils augmenté leur taux de marge commerciale ?**
Non, le taux de marge commerciale est resté quasi stable, de 17,6 % à 17,5 %, selon l'Insee. C'est la hausse des prix de vente, de 31,2 % pour l'alimentaire et de 26,2 % pour l'agricole, qui a gonflé la marge en euros. Le mécanisme est arithmétique : si les prix montent d'environ 30 % et que le taux reste le même, la marge monte à peu près autant.

## Sources & Références

- INSEE (publications nationales) — Les fortes hausses de prix entre 2020 et 2024 ont favorisé la rentabilité économique des grossistes de l’agroalimentaire : https://www.insee.fr/fr/statistiques/9086100
- FranceAgriMer — Rapport 2025 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires : https://www.franceagrimer.fr/actualites/rapport-2025-de-lobservatoire-de-la-formation-des-prix-et-des-marges-des-produits

Méthode : article rédigé par l'IA éditoriale de Rupturat à partir des 2 sources citées, vérifié automatiquement contre ces sources.
